PIRATES FLIBUSTIERS, CORSAIRES BOUCANIERS et autres Gueux des Mers

PHILOSOPHIE DE VIE LES PRISES LES REPAIRES LES COMBATS LA VIE A BORD
LES DISTRACTIONS CHATIMENT, PUNITION NOURRITURE
RHUM
TABAC
VETEMENTS PIRATES CELEBRES DEFINITIONS NN RETOUR NN

Liste des pirates

Avery
Barbe Noire
Bellamy
Anne Bonny
John Bowen
Thomas Condent
Duguay-Trouin
John Evans
De Graaf
Grammont
Pierre Legrand
Oliver Le Vasseur dit La Buse
 
Monbars
Henry Morgan
L'Olonnais
Mary Read
Thomas White

AVERY

Ce célèbre pirate de l'océan indien est né en Angleterre prés de Plymouth en 1675. D'une famille de marin et son brevet de second en poche il s'embarque tout d'abord à bord d'un navire marchand. C'est après avoir montré son habileté à ce poste qu'on l'envoya à bord du Duke, toujours en qualité de second, en Espagne. C'est de là qu'il devait partir, avec un autre navire anglais (la Duchess) et de trois navires de guerre espagnols, faire la chasse aux contrebandiers français dans la mer des Antilles.

C'est à ce moment qu'il résolut d'embrasser une carrière criminelle. Après être rentré dans les bonnes grâces de l'équipage il projeta une mutinerie et de s'emparer du navire afin d'aller chercher fortune dans l'océan indien. Un soir, alors que le Duke était à l'ancre à La Corogne et le capitaine ivre de punch dans sa cabine, une partie de l'équipage de la Duchess monta à bord et s'en rendit maitre. Le navire parvient à quitter le port sans que quiconque, pas même le capitaine (ivre il est vrai) ne s'en aperçoive. Le capitaine fut par la suite débarqué à bord d'une chaloupe avec quelques hommes qui lui étaient restés fidèles et put rejoindre la terre sans danger.

La croisière d'Avery l'emmena jusqu'à Madagascar. Là il trouva par hasard deux Sloops pirates qui, après l'avoir pris pour un navire à leur recherche, s'allièrent à lui. Leur première prise devait construire durablement la légende d'Avery. Il s'agissait en effet d'un gros vaisseau marchand du grand Mogol transportant richesses et personnalités vers la Mecque pour un pèlerinage. La légende veut que ce navire ait transporté une fille du grand Mogol qu'Avery aurait enlevé et épousé. La prise du navire se fit sans difficulté, Avery restant prudemment à distance et laissant ses alliés faire la basse besogne. Les trésors pris à cette occasion sont difficiles à évaluer. Sans doute étaient-ils d'une valeur considérable. On notera qu'Avery s'empara discrètement à cette occasion de la plupart des pierres précieuses du bord dont les autres membres d'équipage ne faisaient pas cas.

Le grand Mogol rentra dans une rage folle en apprenant la nouvelle. Il menaça de rejeter tous les Anglais à la mer par la force des armes, les rendant responsable de cet acte fait par un navire de leur nation. L'Angleterre avait à cette époque déjà un grand nombre de comptoirs sur la cote indienne et dut donc promettre de faire tout en son pouvoir afin de livrer aux autorités indiennes les coupables. C'est cela qui fit connaître en Europe le capitaine Avery.

Avery cependant n'entendait pas partager avec ses alliés les formidables trésors pris à cette occasion. Il parvint à convaincre les deux autres capitaines de lui confier leurs parts. Comment s'y prit-il ? De manière assez simple : en leur démontrant le mauvais état de leurs navires en cas de tempête et leur faiblesse en cas de confrontation avec un navire de guerre. Dés la nuit venue il faussa compagnie à ses ex-alliés.

Il s'arréta au passage (en 1695) à l'île Bourbon (la Réunion) pour y débarquer 70 pirates. Quelques un voulaient rester dans l'océan indien avec leur butin, d'autres ont été débarqué de force. Certains ont fait souche à la Réunion : Victor RIVERAIN, Etienne LE BAILLIF, François BOUCHER, Jacques HUET, Jacques PICARD et Henri GRIMAUD. Quand à ceux débarqués de force, ils s'attelèrent à la construction d'une barque pour continuer leur sinistre carrière. C'était sans compté sur la venue le 2 juillet 1696 de l'escadre française de Serquigny, qui détruisit par le feu la barque presque achevée et ramena 20 des pires d'entre eux en France afin qu'ils y soient jugés et pendus

Avery fit ensuite route vers les Amériques et accosta aux Bahamas. Là les forbans vendirent leur navire et achetèrent un Sloop avant de faire voile pour la Nouvelle Angleterre. Avery y débarqua une partie de l'équipage avec leur part de butin. Après avoir tenté sans suscé de s'installer en Nouvelle Angleterre il résolut avec quelques hommes de retourner en Irlande. Après avoir vendu le Sloop, s'en être partagé le prix, tous se quittèrent. Avery alla à Bristol. Son but était de pouvoir y vendre discrètement les pierres précieuses qu'il avait conservées. En effet ces dernières le reliaient par trop directement à l'acte de piraterie dont toute l'Angleterre parlait alors.

De retour dans son Devonshire natal il contacta des marchands qui devaient se charger d'écouler les pierres précieuses. Il leur confia sa fortune et reçu, dans l'attente que la vente se fasse, une petite somme d'argent. Il ne put jamais obtenir autre chose. Lorsqu'il vint réclamer son due les marchands le menacèrent de le dénoncer s'il insistait. Il finit par retourner en Irlande où il mourut de faim et de misère dans la rue, alors que tout le monde le croyait à la tête de fabuleuses richesses dans son royaume de Madagascar.

BARBE NOIRE : Voir ses pages.

BELLAMY

Les origines de Bellamy ne sont pas connues. Bellamy serait arrivé aux Caraïbes en 1715, pour faire des recherches sur des épaves, afin de récupérer les trésors engloutis, mais les affaires sont mauvaises, la richesse ne vient pas. Alors Bellamy et son associé, Paul Williams, décident de monter leur propre compagnie, et ils se font pirates vers 1716. Les affaires sont meilleures. Leur première prise, le Whydah, est une trés bonne prise, un très bon navire,richement chargé. C'est à partir de ce moment, que Bellamy devient le capitaine du Whydah, devenu le navire amiral de la flotte pirate, qui est constituée de trois navires, dont celui de la Buse.

Dans les écrits du capitaine Johnson, il est dit que Bellamy aurait fait plus de 50 prises en une seule année.

Le capitaine Bellamy serait mort en Avril 1717, lors de l'échouage du Whydah, ainsi que tout le reste de l'équipage pirate.

ANNE BONNY

Femme flibustier exerçant au 18ème siècle, en compagnie de Rackham et du capitaine Vane très connu dans le monde de la flibuste.

Anne Bonny est une Jamaïcaine d'origine européenne , née d'une mère servante qui eut des rapports avec son patron qui devint par la suite son mari . Ces informations sont principalement obtenues dans le livre du capitaine Johnson qui relata au 18 ème siècle des faits et procès à l'encontre des flibustiers et pirates Anglais.

Anne Bonny fait partie également de la légende des pirates car, n'ayant, comme pour la plupart des pirates, pas beaucoup de preuves de leur existence, si ce n'est le récit du capitaine Johnson .

Elle fit partie des 3600 pirates exerçant entre 1714 et 1727 ; à cette époque, ces hommes et femmes voulaient fuir l'oppression et refuser toute forme de pouvoir .Ils voulaient être libres d'aller et venir ,et garder une autonomie . Sur leurs navires, une forme de mini- société se mettait en place avec des règles dont les femmes étaient exclues ,en général .

Anne Bonny fut arrêtée, ainsi que tout l'équipage de Rackham, par le capitaine Barnett en 1720 , amnistiée en compagnie de Marie Read en raison de leur grossesse ;elle assiste également à l'exécution du capitaine Rackham ,l'homme pour qui elle avait quitté sa famille, pour l'aventure . Elle ne fit plus parler d'elle par la suite , ni ses deux enfants .

JOHN BOWEN

Ce fameux pirate commença sa carrière dans les caraïbes aux alentours de l’année 1700. D’où venait-il ? De quelle ville, de quel pays ? On l’ignore encore.

Très vite Bowen quitte les Caraïbes et croise le long de la cote de malabar où il prend un navire anglais. A bord de ce navire, le " Speaker " ou le " Speaking Tumpet ", il croise pendant assez longtemps prés de cette côte. On sait que cette partie des Indes était renommée pour servir de base à de nombreux marchands peu regardant sur l’origine des marchandises. Bowen ensuite se dirige vers Madagascar où il s’installe sur la cote Est à Matatanes. Là il construit avec l’aide de ses hommes une forteresse. Il s’y retire quelques temps à la tête d’une importante fortune.

Continuant ses actes de piraterie dans la région il finit par s’échouer le 7 janvier 1702 à Maurice, prés le l’embouchure de la Grande rivière sur le récif de Saint-Thomas. Des recherches archéologiques récentes ont permis de retrouver des vestiges de son navire. Ceux ci sont conservés à Maurice.

On le reçoit avec la plus grande civilité dans l’île où son séjour dure plus de trois mois. Les survivants sont soignés dans le fort de la ville. Après s’être remis de leurs émotions Ils achètent une chaloupe hollandaise et retournent à Madagascar, via la Réunion (2 avril 1702 – Journal du Gouverneur Villiers).

En arrivant à Madagascar ils prennent deux navires de la Compagnie Ecossaise de l’Afrique et des Indes Orientales : le Speedy Return et le Content. Il navigue dés lors à bord du Speedy return. Il revient à Bourbon en 1703 en compagnie du célèbre pirate North. Il était sur la piste d’un navire français : le Corbeau. L’ayant manqué, il repartit pour Maurice, puis pour les Indes. Là il prend deux navires indiens à Surate d’où il tire 22000 livres anglaises en or et 84000 sequins. Leur navire faisant de l’eau et marchant mal, ils décident de le brûler et de rééquiper une de leur prise : ils baptisent cette dernière le Défi. Ce dernier porte 56 canons et compte 164 forbans plus 60 indiens chargés des basses besogne. Ils quittent Madagascar en octobre 1703. Après avoir croisé quelques temps le long de la côte indienne il revient à Bourbon où il débarque avec douze de ses hommes en avril 1704. Parmi ceux-ci on peut citer Guy DUMESNIL, Joseph DE GUIGNE, Georges NOEL, Pierre PRADAU, ces derniers ayant fait souche à la Réunion. Certains de ces forbans sont ramenés en France par l’escadre du 300 Baron de Pallières en 1705. C’est Nathanael North qui prend alors le commandement du Défi.

Bowen après un court séjour fini par attraper une fièvre (la dysenterie ?) et meurt en mars 1705. Après sa mort ses biens sont saisis par l’église et l’on lui refuse une sépulture chrétienne. On écorche même son nom en le nommant Jean Bouin. Il est enterré dans un bas coté quelconque dont l’on ne connaît pas aujourd’hui l’emplacement.

THOMAS CONDENT

Ce flibustier, aussi appelé Congdon ou Congdom, est l'un de ceux ayant le mieux réussi dans la piraterie. Né à Plymouth à une date inconnue, on le retrouve dans les caraïbes en 1717. Ce qu'il y fait avant reste dans l'ombre. En 1717 il quitte comme tant d'autre l'île de la providence à bord d'un sloop vers le Cap-Vert.

Au cour du voyage Condent, alors simple quartier maître eut l'occasion de s'illustrer : Un forcené s'était retrancher dans la soute avec les réserves de poudre et menaçait de tout faire sauter. Alors que les pirates discutaient d'un mayen de le réduire, Condent un sabre dans une main et un pistolet dans l'autre sauta dans la cale et après avoir eu le bras brisé par une balle tua le forcené. Il est à noter que l'équipage fou de rage découpa en morceau le corps de ce dernier et que le canonnier alla jusqu'à faire cuire son cœur et à le manger.

En arrivant au Cap-Vert les pirates parvinrent à mettre la main sur un navire de commerce : Le Duc-d'York. Les pirates se disputant, le capitaine marchant parvint à prendre la fuite non sans leur abandonner la moitié de son équipage et de sa cargaison.

Condent aimait à se poser en juge lorsqu'il s'emparait de navires. Il faisait venir devant lui l'équipage et les officiers des prises. Puis il demandait au premier s'ils avaient à se plaindre des seconds. Si c'était le cas il faisait fouetter les fautifs avant de les faire plonger dans du vinaigre.

A São Jago il mis la main sur un navire hollandais, un ancien corsaire dont le capitaine avait été tué par la première bordée de canon. Il en fît son navire amiral et le rebaptisa le « Dragon Volant ». Il donna son précédent navire à son second (un lieutenant anglais enrôlé de force).

En 1718 il prend à Rio de Janeiro un navire de la Compagnie des Indes Françaises, le «Dauphin». Ce dernier, armé de dix-huit canons était chargé de marchandises (notamment de cognac et de vin) à destination de l'île Bourbon. Il le vide puis le laisse d'échouer sur le rio de la Plata avant de remonter la côte brésilienne. Comme les Portugais s'étaient emparés d'un pirate il se montra envers les portugais d'une cruauté extrême : Il faisait couper les oreilles et les nez des portugais et si par hasard l'on trouvait à bord un prêtre on lui faisait dire la messe avant de monter sur son dot et le faire courir jusqu'à épuisement sur le pont.

En 1719 on le retrouve en plein atlantique où il prend un navire anglais : Le Georges.

Début 1720 il passe le cap de Bonne Espérance et prend un navire hollandais : le « Prince Eugène ». Il fait ensuite voile vers Madagascar et mouille à l'île Sainte Marie où il recueille une partie de l'équipage d'un autre navire pirate. Il fait ensuite voile vers la côte des Indes.

Il s'empare à cette époque dans la mer rouge, d'un navire arabe transportant 1,3 millions de roupies. C'est la fortune pour les pirates. Dés lors Condent pense à se retirer d'autant plus que le roi de France a fait une offre d'amnistie.

Condent retourna à Madagascar et là mis la main sur un navire anglais de 100 tonneaux : le Crooker. Ils en pillèrent la cargaison (de l'alcool dont ils étaient friand) et en chargea le capitaine, un certain Baker, d'offrir sa réédition au roi de France représenté par le gouverneur de l'île Bourbon. Pour s'assurer de la pleine coopération du capitaine Baker il garda quelques otages.

Le 12 novembre 1720 le conseil provincial de Bourbon délibère. Il fini par accorder son amnistie à 135 hommes et à 60 esclaves de Guinée. Il faut dire que Condent a menacé, en cas de refus, de venir commettre « le plus de mal et dommage qu'il pourra ».

Le gouverneur Beauvollier de Courchant accepte le 25 novembre 1720 mais à certaines conditions :

"Remettre au préalable leurs armes et munitions de guerre, de renoncer pour toujours à leur désordre, de garder fidélité au Roy de France dont ils se reconnaissent les sujets."

Il leur donne aussi un délai de 4 mois pour se présenter avec le Dragon-Volant et tous ses canons. Il leur impose de plus une taxe d'entrée de 20 piastres par tête et limite à un le nombre d'esclave pouvant accompagner chacun des pirates.

Le Crooker repart le 30 novembre 1720 porteur de cette réponse. Le problèmes cependant ne font que commencer pour le gouverneur : comment loger 135 pirates dans une île qui ne compte que quelques centaines d'habitants ? Le 10 janvier 1721 devant le peu d'empressement des habitants pour accueillir les pirates Beauvollier de Couchant doit offrir 15 piastre par pirate accueilli plus 5 piastre par noir (sauf s'il travaille pour l'habitant). Il précise :

"L'habitant qui loge un ou plusieurs forbans leur fournira à chacun un lit convenable garni au moins d'un bon matelas, d'un oreiller avec sa souille* et d'une couverture ; ces lits doivent être dans un caze ou de bois ou de feuille construite de manière qu'elle soit pour le moins distinguée de ce qui se nomme hangar ou ajoupa et que les injures du temps ne puisse le pénétrer." 
*Taie
Il ajoute aussi que la nourriture se composera à cette occasion de viande au dîné et au soupé (sauf les jours maigres) et qu'il sera servi d'une soupe et de pain. De plus il faudra fournir aux hôtes ½ flacon de fangourin (vin de canne) par repas.

Le 22 janvier, devant la résistance des habitants il désigne 36 habitants, dont d'anciens pirates.

En février 1721, le Crooker est de retour, mais à son bord il n'y a que 32 pirates dont Condent. Certains sont morts de fièvre, d'autres sont restés à Madagascar, d'autres on été abandonné. Comme le rapporte le père Houbert ils sont accueillis à bras ouvert :

"Nos Mrs de St Paul furent surpris et consternez  quand ils virent qu'à l'arrivée de ces forbans la plupart des habitans de St Paul les recevoient à bras ouverts et s'empressoient de leur rendre toutes sortes de services qu'ils faisaient payer bien cher, étant bien résolus d'avoir aussi part au butin."

Le 26 avril 1721 Condent négocie avec Taylor et Labuse la rançon du vice-roi de Goa fait prisonnier sur son navire dans la baie de St Paul.

Le 10 octobre on embarque quasiment de force une partie des forbans et le vice-roi de Goa sur un navire de passage en direction de la France : le Triton (capitaine Garnier de Fougeray). Il devenait impératif d'évacuer ces personnes la famine menaçant.

Condent épouse la belle sœur de Desforges Boucher adjoint du gouverneur et futur gouverneur lui-même. Il rentre ensuite, en novembre 1722, en France à bord de «la vierge de Grâce». Il y arrive en février 1723. Le 25 mars 1723 il se remarie avec une bourgeoise de Lorient : Marie Catherine Ancré. Ce qu'il était advenue à sa première femme reste un mystère.

Il s'installe à Port Louis en Bretagne où il devient armateur et prospère avant de mourir de vieillesse vers 1733 ou 1734.

DE GRAAF : (1682-1704?)

Original et talentueux, De Graaf devint le plus grand flibustier de son époque. On dit que De Graaf est venu dans les Antilles en tant que canonnier au service de l'Armada de Barlovento, la flotte espagnole de navires rapides chargée de chasser les pirates. Quand par la suite il passe dans le camp des flibustiers, sa connaissance des Espagnols lui servira à les rouler à chaque occasion.

Au sommet de sa gloire, on le décrit comme étant grand, blond, et bel homme arborant une moustache effilée à l'espagnole qui lui donnait beaucoup de prestance. Il avait toujours à bord de son navire des violons et des cuivres dont il jouait lui-même pour divertir son équipage. De toute manière, il fallait qu'un orchestre joue pour accompagner chacun de ses repas.

Il se distinguait des autres flibustiers par sa courtoisie et son raffinement. Sa célébrité était si grande qu'à chaque endroit où il passait, les gens s'attroupaient de partout venant voir de leurs propres yeux ce que cette légende vivante avait de si différent des autres hommes. Surnommé «Lorenzo» par les Espagnols, il se serait marié à une Espagnole nommée Petronila de Guzman.

Selon les historiens espagnols, son premier raid fut contre la ville de Campeche. La nuit du 31 mars 1672, les habitants de la ville sont réveillés par une gigantesque explosion. Sur une plage proche de la ville, une frégate de la guarda costa en construction venait de s'enflammer. C'était le moyen imaginé par De Graaf pour illuminer l'entrée du port de Campeche et permettre à ses navires d'y entrer rapidement, pendant que la garnison espagnole terrorisée s'enfuyait.

Le lendemain, ne se doutant de rien, un navire marchand entre dans le port chargé de 120 000 pesos en argent. Les flibustiers chargés d'un butin considérable disparaissent en mer avant qu'une colonne de soldats arrive par voie de terre en provenance de Mérida. Dix ans se passent sans que le nom de De Graaf soit mêlé à d'autres coups de main. Ce qui fait douter que l'attaque de mars 1672 sur Campeche soit vraiment de lui. Plus probablement, elle a été menée par des flibustiers partis sans laisser de carte de visite!

C'est à partir de septembre 1682 que des documents attestent plus sûrement les activités de De Graaf. Le gouverneur français de Saint-Domingue, Jacques Nepveu sieur de Pouançay, écrit que De Graaf faisait la course pour son propre compte depuis 1676 ou 1677, n'ayant jamais requis de commission de qui que ce soit et n'ayant jamais fait escale dans les ports d'aucune nation. Son ascension en tant que pirate, ajoute le gouverneur, a débuté quand avec une petite barque, il a capturé un petit navire avec lequel il en a pris un plus gros, jusqu'à commander un navire de guerre armé de 28 canons.

Ce navire était probablement le «Tigre», pris à l'Armada de Barlovento à l'automne 1679. En 1682, la réputation de De Graaf était si grande que le gouverneur de la Jamaïque, Sir Henry Morgan devenu à cette époque chasseur de pirates, prévenait le capitaine de la frégate «HMS Norwich» de faire bien attention à Laurent De Graaf, qui commande un navire de 28 canons et de 200 hommes d'équipage. Par précaution, Morgan renforça l'équipage de la frégate de 40 soldats pris sur la garnison de Port Royal.

A partir de ce moment, De Graaf participa aux plus grandes expéditions montées par les flibustiers. Autant sur terre que sur mer, ses victoires et ses raids sont trop nombreux pour les raconter ici. Une autre fois, peut-être. Concluons en rappelant qu'à la fin de sa vie, De Graaf s'est associé à Pierre Lemoyne d'Iberville pour fonder des villes en Louisiane, dont Biloxi et Mobile.

DUGUAY-TROUIN (Saint-Malo, 10/06/1673, - ?)

René Duguay-Trouin est né à Saint-Malo le 10 juin 1673. Le moins connu des grands corsaires français réussit à s'emparer en 1707 d'une flotte de 70 navires et en 1711 de la ville de Rio de Janeiro! Plus tard, il lutta avec succès contre les pirates Barbaresques. Tout cela sans jamais cesser de souffrir du... mal de mer.

JOHN EVANS (Pays de Galles (GB), 16??, - 17??)

John Evans est Gallois de naissance et son histoire vaut la peine d'être contée.

L'homme avait déjà servi en qualité de maître sur un sloop appartenant à Nevis puis, quand il eut perdu cet emploi, il s'engagea à la Jamaïque comme contremaître et fit quelques voyages en cette qualité. Peu lucratif, ce service eut tôt fait de le dégoûter, aussi chercha t-il avec trois ou quatre de ses compagnons à se mettre en quête d'une activité qui lui rapportât mieux. Voici notre monde embarqué, à la fin de septembre 1722, à Port-Royal de la Jamaïque (voir carte) sur un petit canot. On accosta nuitamment au nord de l'île, où quelques maisons furent pillées, argent et effets aisés à transporter, et l'on entassa le butin dans le canot.

Malgré le succès certain de cette entreprise, nos petits brigands voyaient plus loin : ils voulaient courir la mer, qu'ils savaient plus propre à contenter leur cupidité; mais leur embarcation était décidément bien faible pour un projet d'une telle envergure. Ils ne se découragèrent nullement, mais nourrissaient l'espoir qu'un malheureux ferait leur aubaine sans tarder. Et de fait, peu de jours après, ils tombèrent, à DunsHole, sur un sloop qui mouillait là. Evans, avec sa compagnie, monta hardiment à bord et annonça à l'équipage qu'il allait lui apprendre une nouvelle inattendue : il était capitaine de ce bâtiment! C'est ainsi qu'il en prit possession. Il commença par tout organiser à bord, et gagna un petit village de la côte afin d'y prendre, avec ses hommes, quelques rafraîchissements. La troupe passa le reste du jour en libations à la taverne, où furent dépensées trois pistoles, à la grande satisfaction du cabaretier, qui ne demandait qu'à revoir un équipage aussi gai et aussi libéral : pour son malheur, son vœu fut trop vite exaucé. La nuit même, sa maison était pillée, et les pirates en emportèrent ce qu'ils voulurent.

Le lendemain, ils mirent à la voile leur bâtiment monté de quatre pièces de canon, le nommèrent Scourer, et firent route vers Hispaniola, côte septentrionale, où ils prirent un sloop espagnol dont la charge était si considérable que chacun reçut en partage cent cinquante sterling pour le butin.
Toujours à la recherche de gibier, ils remontaient vers les îles du Vent; peu après, le Scourer tombait sur un vaisseau de cent vingt tonneaux, le Dove, qui appartenait à la Nouvelle-Angleterre et que commandait le capitaine Diamond. Le navire fut pillé, mais fut autorisé à reprendre sa route : il ne lui en coûta que deux ou trois matelots et le maître. Les pillards se rendaient à l'une des îles pour ravitailler, et une fois arrivés, ils y séjournèrent quelque temps.
Le 11 du mois de janvier 1723, ils rencontrèrent, à la hauteur de l'île de Deseada un bâtiment de deux cents tonneaux, le Lucretia-and-Catherina, que commandait le capitaine Mills. Les pirates, qui s'en étaient rendus maîtres, s'érigèrent, comme il arrive parfois, en redresseurs de torts, s'informant exactement auprès des matelots de la conduite de leur commandant. Mais Evans s'ennuyait de ces recherches; il se mit au pillage et réprimanda à ses compagnons :
- Qu'avons-nous besoin de jouer ici les réformateurs, quand c'est de l'argent qu'il nous faut ?
Et se tournant en même temps vers les prisonniers, il leur demanda si le capitaine leur donnait assez à manger. Et comme ils répondirent par l'affirmative :
- Eh bien ! commenta-t-il, il devrait vous donner aussi assez à travailler.
Après cette prise, ils firent route vers la petite île d'Avis, dans le dessein de s'y rafraîchir, et ils emmenèrent le Lucretia qui leur serait utile pendant qu'ils radouberaient leur propre sloop. A peine furent-ils en vue de cette île, qu'ils aperçurent un bâtiment auquel ils donnèrent la chasse jusqu'au soir, et qu'ils poursuivirent jusqu'à en être éloignés d'une portée de canon. Mais craignant de perdre de vue le Lucretia, qui n'était pas aussi bon voilier, Evans abandonna cette entreprise et dut jeter l'ancre à l'île de Ruby, car la poursuite l'avait conduit sous le vent d'Avis. Le lendemain, un sloop hollandais s'offrit à la vue des pirates; ils ne purent s'empêcher de l'attaquer, et quand ils s'en furent saisis et qu'ils en eurent partagé le butin, la prise leur rapporta la coquette somme de cinquante livres sterling par personne.
Ce sloop hollandais faisait d'ailleurs bien mieux leur affaire que le Lucretia, car beaucoup moins haut au-dessus de l'eau, il était plus apte à être déhalé (déplacer un navire au moyen de ses amarres); le Lucretia fut donc déchargé et le hollandais gardé à sa place. Evans, qui craignait d'être découvert, fit voile vers les côtes de la Jamaïque, où il prit un vaisseau de sucre. De là, il courut vers l'île du Grand-Caïman, éloignée de trente lieues, afin d'y réparer. Mais un malheureux accident mit fin à des activités de piraterie qui lui avaient pourtant été si bénéfiques jusque-là.

Le bosseman des pirates était un ours mal léché, auquel le capitaine Evans avait dû plus d'une fois chanter pouilles (rabâcher). Le bosseman, exaspéré par de continuels reproches, non seulement en remettait dans la grossièreté, mais défia son supérieur en un duel au sabre et au pistolet, comme c'est l'usage dans la corporation. A l'arrivée sur l'île du Grand-Caïman, le capitaine Evans lui rafraîchit la mémoire, et il le fallait, car le lâche avait changé d'idée, quoique l'initiative, en parole, fût venue de lui ; cette couardise lui valut le bâton. Humilié, et incapable d'en supporter tant, le bosseman sortit son pistolet, dont il tua Evans sur place, après quoi il se jeta à la mer, pensant se sauver à la nage. Il n'alla pas bien loin, car on le rattrapa immédiatement en chaloupe et on le ramena à bord.
Le meurtre du capitaine Evans avait tellement animé toute la troupe contre le criminel qu'il fut décidé de lui infliger les plus cruels tourments ; mais pendant qu'il y avait délibération sur le genre de mort qu'il fallait lui infliger, le canonnier, transporté de fureur, le blessa mortellement d'un coup de pistolet qui lui traversa le corps. Ce misérable implora un délai de quelques jours pour se préparer à un sincère repentir; mais quelqu'un s'avança vers lui et déclara :
- Repens-toi et va-t'en à tous les diables !
Ce disant, il lui brûla la cervelle.
Les pirates offrirent alors le commandement au patron du Lucretia, qu'ils avaient gardé parmi eux : c'était le seul qui entendît la navigation depuis la mort d'Evans. Il déclina un tel honneur; on eut beau le presser, il refusa avec la dernière énergie. La seule solution était de dissoudre la compagnie et de restituer le bateau à son patron. En conséquence, les pirates, une trentaine, se retirèrent dans l'île de Caïman, avec la somme de neuf mille livres environ. Quant au patron, le temps favorable l'aida à ramener à bon port le vaisseau, et c'est accompagné d'un seul mousse qu'il revint à son ancrage de la Jamaïque, à Port-Royal.

GRAMMONT

Son nom se prononce Grand Mont. C'est un gentilhomme gascon. À 14 ans, choqué par les manières d'un officier qui fait la cour à soeur, il le provoque en duel. Les épées sont tirées et l'officier frappé de trois coups mortels. Pendant qu'il agonise, on lui tend une plume pour qu'il rédige son testament. Il y pardonne à Grammont, affirmant être «l'artisan de mon malheur, tout s'est passé dans l'honneur» et lègue une somme à la soeur bien-aimée et à Grammont lui-même. Aucune action judiciaire n'est donc prise contre Grammont, mais on l'inscrit de force à l'école des mousses. Un marin voyage, c'est donc un exil déguisé qu'on lui impose.

Pourtant Grammont se plaît sur un navire. Il apprend vite. D'abord le langage ordurier de marins dont il usera ensuite abondamment, manière de renier qu'il est gentilhomme. Il apprend aussi tout ce qui concerne la navigation. Très vite aussi, il se fait une solide «réputation». En peu de temps, il devient capitaine d'une frégate corsaire de la marine française avec laquelle il capture une flottille hollandaise si riche qu'on la surnomme «la bourse d'Amsterdam».

Sa part du butin se chiffre à 80 000 livres qu'il dépense en huit jours dans les tavernes et les bordels des Antilles Françaises. Il garde 2 000 livres qu'il risque au jeu et qui lui permettent de gagner la somme nécessaire pour acheter un navire de 50 canons. Il rend ses galons d'officier de marine et devient flibustier.

On dit Grammont robuste, petit, brun et basané. Son regard vif et sa langue agile, capable de discours mielleux ou de maudire à coups d'effroyables blasphèmes et de basses insultes. Son seul handicap au yeux des flibustiers est qu'il se dit athée, alors qu'eux recommandent leurs âmes à Dieu avant d'aller assassiner, piller ,violer, etc. Quatre grandes expéditions marquent sa carrière : Maracaibo en 1678, Cumaná en 1680, VeraCruz en 1682, Campeche en 1686.

Mais le roi de France veut que cessent les activités des flibustiers qui ne s'accordent plus avec sa politique. Pour l'inciter à changer de métier, il le nomme lieutenant du roi pour la province méridionale de Saint-Domingue. Grammont remercie poliment le gouverneur de l'île de la Tortue qui lui remet le brevet du roi. Cependant, peu de temps après, il part à la tête de trois navires et deux cents hommes pour une destination inconnue. On ne le reverra jamais.

LEGRAND Pierre

Les origines de la flibuste ont été marquées de nombreux coups d'éclat. Exmelin en raconte un épisode fameux dans son livre :
" Parmi les flibustiers vivant sur l'île de la Tortue se trouvait un Français originaire de Dieppe nommé Pierre Legrand. Il se fit un nom en 1602 en capturant, avec un petit bâtiment et 28 hommes d'équipage au large de la pointe occidentale d'Hispaniola, le Cape del Tibron, le vice-amiral de la flotte espagnole. Les Espagnols n'avaient pas encore découvert alors le Canal de Bahama, si bien qu'ils devaient traverser l'archipel des Caicos (groupe d'îles au sud-est des Bahamas). Le navire de guerre espagnol, qui s'était laissé distancer par le reste de la flotte et qui ne parvenait pas à la rejoindre, était armé de huit bouches à feu et comptait quatre-vingts hommes à bord. Les flibustiers approchèrent du navire à la rame dans le crépuscule, grimpèrent à bord, s'emparèrent de la soute à poudre et atteignirent le château avant, où ils trouvèrent le capitaine et le vice-amiral qui jouaient aux cartes. Ils les forcèrent, sous la menace de leurs pistolets, à se rendre. Legrand laissa l'équipage et l'amiral sur la côte d'Hispaniola et rentra en France à bord de sa prise ".

Olivier LE VASSEUR (~1690 - 1730)

Olivier Levasseur plus connu sous le nom de "La Buse", surnommé ainsi en raison de sa rapidité à fondre sur sa proie est un authentique pirate.

Qui de plus authentique que le pirate La Buse ?!
Son trésor est un butin à perles, diamants, or et vaisselles d'argent, un vrai pirate pendu haut et court, des messages codés, des grottes et une île mystérieuse, des plans ou foisonnent des cachettes !

La Buse, pirate célèbre écuma l'océan Indien au début du 18ème siècle. Il aurait caché un trésor estimé à 4,5 milliards d'euros quelque part à La Réunion. Aujourd'hui encore, des chercheurs et des scientifiques se lancent à la recherche de ce trésor précieusement conservé depuis plus de 280 ans.

Olivier Le Vasseur est né à Calais à la fin du XVIIè siècle. En 1721, La Buse est associé au pirate anglais Taylor. Ils se sont emparé au mois d'avril du riche vaisseau portugais de 72 canon La Vierge du Cap qui avait cherché refuge contre les tempêtes dans le port de Saint-Denis (île Bourbon).
A bord du vaisseau se trouvaient le comte Ericeira, vice-roi des Indes et l'archevêque de Goa. La Buse n'exigea pas de rançon du vice-roi, mais fit main basse sur les objets d'inéstimable valeur : rivières de diamants, bijoux, perles, barres d'or et d'argent, meubles, tissus, vases sacrés et cassettes de pierres précieuses, et la crosse d'or de GOA constellée de rubis pesant une centaine de kilos, le tout évalué à 4,5 milliards d'euros.
La Vierge du Cap, radoubée et remise à neuf, devint le vaisseau de La Buse et prit le nom de Le Victorieux.
Mais l'année d'après, Dugay-Trouin et le commodore anglais Matthews vinrent se chercher querelle dans les parages. La Buse et Taylor se sont méfiés et ont préféré prendre "le large". Taylor s'enfuit aux Antilles et La Buse se retira à l'île Sainte-Marie près de la côte de Madagascar.

Il prit sa retraite, car la piraterie n'était plus possible avec aux trousses un gaillard de la trempe de Dugay-Trouin, dont le pavillon flottait glorieusement de l'Equateur au cap de Bonne-Espérance.
La plupart des écumeurs des mers cessèrent également toute activité et devinrent d'assez paisibles citoyens en profitant de la Charte de clémence offerte par le roi de France. Leurs bateaux pourrirent dans les anses et la piraterie disparut.
Presque seul, La Buse temporisa avant d'accepter la Charte, restitua les vases sacrés, mais ne put se résoudre à rendre le butin de La Vierge du Cap, condition de la clémence.
Il est certain qu'il cacha son trésor...mais où ?
On a avancé le nom de 6 îles : Maurice, La Réunion, Frigate, Mahé, Rodrigues, Sainte-Marie.
Dans tous les cas, c'est à Sainte-Marie que vivait Le Vasseur, en situation irrégulière mais sans grand danger immédiat... parlant de soumission sans se hâter de conclure.
Vers 1729, exerçant le métier de pilote dans la baie d'Antongil (Madagascar), il offrit des services au vaisseau La Méduse, de la Compagnie des Indes, qui voulait entrer dans le port.
Le Capitaine d'Hermitte, commandant de bord, le reconnut, et se souvenant que le pirate avait maintes fois arraisonné des navires de sa compagnie, il l'arrêta.

Le 7 juillet 1730, La Buse était condamné à mort à 17h.
Quand il monta sur l'échafaud pour expier ses crimes de pirate, Olivier Le Vasseur, dit La Buse, lança dans la foule un cryptogramme et s'écria :
- "Mes trésors à qui saura comprendre !"

Voici donc La Buse pendu, le cryptogramme lancé dans la foule, et le trésor caché offert aux plus malins.
Qui ramassa le message secret ?
Nul ne saurait le dire, mais depuis plus de deux siècles, l'océan Indien, des îles Seychelles à la pointe de Madagascar, est le centre de recherches incessantes et foisonne de documents à clés, de rébus et de signes gravés qui tous, selon la tradition, se rapportent aux prodigieux trésors de La Buse.

L'étrange Cryptogramme de La Buse

La traduction du cryptogramme laisse perplexe, puisqu'elle n'a aucun sens apparent. Jugez plutôt:

Litéralement, on peut lire :
"aprè jmez une paire de pijon tiresket
2 doeurs sqeseaj tête cheral funekort
filttinshientecu prenez une cullière
de mielle ef ovtre fous en faites une ongat
mettez sur ke patai de la pertotitousn
vpulezolvs prenez 2 let cassé sur le che
min il faut qoe ut toit a noitie couue
povr en pecger une femme dhrengt vous n ave
eua vous serer la dobaucfea et pour ve
ngraai et por epingle oueiuileturlor
eiljn our la ire piter un chien tupqun
lenen de la mer de bien tecjeet sur ru
nvovl en quilnise iudf kuue femm rq
i veut se faire dun hmetsedete s/u dre
dans duui ooun dormir un homm r
esscfvmm / pl faut n rendre udlq
u un diffur qecieefurtetlesl

Si l'on essaye de déchiffrer ce texte, on peut lire :
"Prenez une paire de pijon, virez
les 2 coeurs...tête de cheval... une kort
fil winshient écu prenez une cuillière
de mielle... outre vous en faites une ongat
mettez sur le passage de la...
...Prenez 2 liv cassé sur le chemin
Il faut... toit à moitié couvé
pour empêcher une femme... vous n'avez
qu'à vous serrer la... pour veni
... épingle ...juillet...
.. faire piter un chien turc un
... de la mer... bien sécher et sur
... qu'une femme qui
veut se faire d'un...
dans... dormir un homme
... faut en rendre...
qu'un diffur..."


On peut voir dans le schéma ci-après, l'alphabet des templiers utilisé par La Buse.

Ou bien la traduction est mauvaise, et alors on ne comprendrait pas qu'elle puisse faire apparaître des mots en français... ou bien il y fait lire ce cryptogramme à un autre niveau. Les pirates n'avaient pas besoin de littérature pour retrouver leurs trésors, tout au plus de quelques coordonnées.
C'est bien cela qu'il fallait chercher et un Réunionnais a été tout près de les trouver. Bibique, en 1994, a apporté un nouvel indice dans cette quête de sens. Il s'est rendu compte qu'il y avait un lien entre le parchemin du pirate et la pierre exposée dans le hall de la mairie de la Possession. Cette pierre fut découverte dans la Ravine à malheur, sur le chemin Crémont - rebaptisé chemin des Anglais. Et Bibique d'écrire alors :
"Quelque chose d'insolite m'a frappé : comment se fait-il que dans le cryptogramme de La Buse, on trouve seulement trois "A" pointus
alors que tous les autres sont carrés ?
"

Il compare et se convainc que les "A" du texte sont de la même facture que ceux de la pierre. Sur la pierre, les "A" forment un triangle. Et Bibique, en grand amateur de trigonométrie, est alors convaincu qu'il suffit de tracer une bissectrice judicieuse pour trouver l'emplacement du trésor. Sauf qu'il faut d'abord retrouver l'emplacement originel de la pierre !

En 1923, à l'île Mahé, au sud des Seychelles, Mme Savy était propriétaire d'un terrain bordant la mer.
Un jour, elle découvrit des pierres sculptées baignant dans l'océan, comme il en existe tant dans les îles indiennes. Ce qui était étrange est qu'elle pouvait y distinguer des animaux gravés par la main de l'homme : chiens, serpents, tortues, chevaux, et des formes d'objets et d'êtres humains : une urne, des coeurs, une figure de jeune femme, une tête d'homme et un oeil monstrueusement ouvert.
Un ethnographe avança une suggestion : ces sculptures rupestres pouvaient se rattacher aux écritures idéographiques, indonésiennes et pascouanes, où l'on retrouve fréquemment le serpent et la tortue.
Mais pour le reste ? A quelle civilisation rattacher les formes humaines, les chiens, l'oeil, etc. ?
Tout se ratache mystérieusement au trésor de La Buse, mais aussi à celui d'un autre pirate : Butin Nagéon de L'Estang.
Les deux trésors étant peut être le même par voie de succession et de vol !


Etrange similitude entre le trésor de La Buse et celui du pirate Butin Nagéon de L'Estang

Le dernier possesseur des trésors de l'Océan Indien, qui ont une similitude avec le trésor de La Buse, est le pirate Bernardin Nagéon de L'Estang, dit Butin, qui était le fils d'un officier de marine de la Compagnie des Indes.
Dans son testament, le pirate Butin donne un aperçu de sa vie. Il pars s'enrôler et défendre la patrie. Il sais qu'il sera sans doute tué.
C'est pourquoi il rédige ce testament pour son neveu Jean Marius Nagéon de l'Estang, officier de la réserve.
A savoir, un demi-terrain rivière La Chaux au Grand-Port, île de France, et les trésors sauvés de l'Indus !

=> Note de l'auteur du site : Je n'écris pas dans ce site tout le testament qui est assez long.
Mais de nombreuses informations décrites dans ce testament sont étrangement similaires aux indications données dans le cryptogramme de La Buse !
A savoir :
- la similitude des lieux et le fait que tous les chercheurs mêlent étroitement par tradition les deux pirates : Butin et La Buse
- les rébus
- dans les documents chiffrés et gravés sur les pierres, des points de rappel : les initiales S.B.N. ou B.N. ainsi que les lettres Ghe
- les mots organeau, tortue, oeil
- la symbolique maçonnique.
Beaucoup de coincidences !
Il est possible aussi que des chercheurs, dans le but d'épaissir le mystère, aient sciemment forgé ou falsifié le fatras des documents.

Les trésors du pirate Butin sont au nombre de quatre ! Deux sont identifiés à ce jour, dont un découvert.
Les trésors se situeraient aux endroits suivants :
- dans l'île de France (île Maurice) : à Belmont dans le nord de l'île, dans une caverne de la ribière La Chaux près de Mahébourg, à la pointe de Vacoas
- dans l'île Rodrigues (plus douteux !)
Ces trésors sont enfermés dans des grottes signalées par les initiales B.N. gravées sur le roc.
Et enfin, l'un des quatre trésor a été découvert en 1916 dans l'île Pamba, près de Zanzibar. Un trésor de Butin Nagéon puisque marqué des initiales B.N. !

Mais le trésor de La Vierge du Cap pillé par La Buse ne serait-il pas à l'île Sainte-Marie, là où habitait le pirate et où il pouvait surveiller à son gré le magot évalué à 4,5 milliards d'euros ?


Des infos récentes (cliquez sur les images pour les agrandir)

En 1949, Reginald Cruise-Wilkins (1913-1977) contracta la malaria et les médecins lui conseillèrent de venir se reposer aux Seychelles. Et c'est là qu'il fit mis en contact accidentellement avec cette chasse au trésor. Au début c'était une blague et puis cela devint de plus en plus sérieux. Il commença donc en 1949, de grands travaux à la recherche du trésor de Levasseur sur la plage du petit village de Bel-Ombre, au nord de l'île Mahé.
La plupart des gens pense qu'il était fou, mais il se fichait pas mal de l'avis des autres et savait qu'il avait raison. Il continua son travail car il avait un fort caractère.
Wilkins entraîna dans l'aventure son jeune fils, car il se doutait bien qu'une vie entière n'y suffirait pas pour trouver le trésor de La Buse. Il n'ont été retrouvés à ce jour qu'un fusil à pierre, une lame d'épée, des figurines et quelques monnaies... Pâle consolation au regard des 30 000 livres sterling investies pour la cause durant plusieurs décennies!
A sa mort en 1977, John Cruise-Wilkins a repris le flambeau. A la poursuite du rêve inachevé de son père.
Cette chasse au trésor coûte une forture, heureusement, wilkins travaille actuellement avec son associé, un riche américain.
Ils sont convaincu que les pirates ont caché leur trésor à marée basse. Les vagues de la marée montante pouvaient ainsi abriter leur trésor.
Ci-contre, le chantier de fouille du (peut être) trésor de La Buse. Wilkins a fait sauter à la dynamite les rochers pour atteindre l'entrée naturelle de la grotte. De nombreuses marques indiquent la direction de l'emplacement du trésor de Olivier Levasseur.

Jacques et Edward, deux autres chercheurs de trésors effectuent leur recherche plus profondément dans la jungle. Ils ont découvert de vieilles fondations, un vieux coffre, une clochette ainsi que des lanternes et des ossements !
Ils se sont querellé avec Wilkins qui prétend que Jacques et Edward ont créé de toute pièce des marques sur les rochers...

Beaucoup d'autres histoires incroyables continuent à se répendre : Un jour, une famille déterre dans son jardin des pichets à vin remplis de pièces d'or. Une autre famille découvre sur une plage des fers, des boulets et des restes de campement. Sur tout l'archipel, les légendes bruissent des noms de célèbres pirates: Hodoul, Boudin, Avery, Kid, Halsay ou Taylor...


Pour conclure...

Plus d'un aventurier s'est cassé les dents à cette quête au trésor. Bibique en est un cas particulièrement bien connu, mais il y en a eu d'autres. On a vu la difficulté de retrouver les signes cabalistiques que les pirates plaçaient sur les routes de leurs trésors. L'érosion, les cyclones, l'urbanisation ont radicalement changé les repères. Pour trouver un trésor aujourd'hui, il faudrait s'en remettre davantage à la chance qu'à un parchemin. Mais le rêve n'est pas mort pour autant.



Cliquez pour agrandir la tombe de La Buse au cimetière marin de St Paul.
Il s'agit d'une tombe symbolique, La Buse n'y est pas enterré car ce cimetière n'existait pas en 1730.

Liens :
- Un site complet dédié à La Buse
- Visitez le site de Elric ou vous pourrez participer à une chasse au trésor !

MONBARS

Monbars, dit l'Exterminateur, est un gentilhomme du Languedoc, dans le sud de la France. Adolescent, Monbars dévorait les livres du père jésuite Las Casas, le défenseur des Indiens d'Amérique, et on dit qu'à chaque page il s'écriait : maudits Espagnols ! À l'école, jouant dans une comédie, il passe près d'étrangler un confrère de classe qui tenait le rôle d'un noble Espagnol.

Un peu plus tard, la guerre éclate entre la France et l'Espagne, Monbars obtient d'un oncle capitaine corsaire qu'il le prenne à son bord. Et le voilà en route pour les Antilles ! A chaque voile aperçue, Monbars s'excite : «Est-ce un Espagnol ?». Quand enfin on finit par en rencontrer un, son oncle fait enfermer Monbars dans une cabine : «Il se ferait tuer! Il est complètement fou!» se dit l'oncle. Dès l'abordage, Monbars enfonce la porte et se jette dans la mêlée, comme un furieux. Il massacre tellement d'ennemis que les matelots s'exclament : «C'est l'ange exterminateur.»

Il ne faut pas imaginer le joli teint rose d'un ange blond. Oexmelin décrit Monbars comme un colosse, brun de poils, avec d'énormes sourcils broussailleux. Monbars descend à l'île de la Tortue, où son oncle fait escale pour écouler son butin. Pendant que les flibustiers se débauchaient tant que l'argent durait, Monbars ne buvait que de l'eau, ne touchait pas aux cartes et, paraît-il, les femmes ne l'intéressaient pas davantage. Il préférait causer avec les boucaniers de la côte d'Hispaniola.

«Nos affaires ne vont pas du tout, disaient ces hommes. Les Espagnols viennent de plus en plus souvent du centre de l'île, ils profitent de ce que nous sommes à la chasse pour dévaster nos boucans. Il faudrait organiser une expédition contre eux.»

À ce moment, Monbars a dix-sept ou dix-huit ans. On peut imaginer que les boucaniers commencent par le regarder de travers quand il propose de diriger une expédition punitive envers les ennemis des boucaniers. Monbars obtient quand même ce qu'il veut. Il se rend avec les boucaniers à Hispaniola, combat avec eux, tue des Espagnols, délivre leurs esclaves indiens, se fait acclamer par les boucaniers étonnés de s'être trouvés un chef aussi terrible. Son rêve d'adolescent est réalisé : il venge le génocide des Indiens d'Amérique. Il s'est fait justicier.

Par la suite, Monbars devient capitaine d'un navire pourvu d'un équipage d'Indiens et d'esclaves évadés, dévoués jusqu'à la mort. Quand il capture un navire espagnol, il jette tout ce qu'il porte à la mer. Pas de quartier pas de butin, et il en sera ainsi dans tous ses combats, terrestres ou maritimes. Il devient vraiment Monbars l'exterminateur.

Monbars n'est vraiment pas un tendre avec ses ennemis. Il rivalise avec l'Olonnais dans l'invention des tortures les plus horribles. C'est lui qui aurait eu l'idée d'ouvrir le ventre à des prisonniers, d'en tirer l'extrémité de l'intestin, qu'on cloue à un arbre. Puis, en mettant une torche aux fesses du prisonnier déjà très mal en point, on l'oblige à reculer, dévidant ses tripes. Une façon de mourir vraiment horrible qui amusait beaucoup les flibustiers de Monbars. Faut dire qu'à l'époque, les pauvres flibustiers n'avaient ni télévision, ni radio, pas même de walkman, et qu'il leur fallait bien se désennuyer.

Disons aussi que la description, souvent méticuleuse, des atrocités soi-disant inventées par Monbars sont les mêmes qu'on pratiquait en Europe et ailleurs, selon les chroniqueurs espagnols des XVIIe et XVIIIe siècles. Ce sont peut-être des exagérations visant à justifier la haine des pirates. Les récits ou dessins de cette époque marquée de nombreuses guerres nationales et religieuses ont souvent pour but de montrer à quel point les autres sont abominables. Il est bien difficile aujourd'hui de trancher entre vérité et propagande.

Quand même, nombre de faits rapportés sur Monbars sont sûrement très réels, mais tout le personnage baigne dans une chronologie imprécise, jusqu'au jour inconnu où, on ne sait même pas l'année exacte, appareillant une dernière fois de La Tortue avec son équipage d'Indiens fidèles, il disparaît à jamais, corps et biens.

HENRY MORGAN (1635-1688)

Aventurier gallois, Sir Henry Morgan a été l'un des flibustiers qui, avec l'appui tacite du gouvernement anglais, s'attaqua au trafic maritime et aux colonies espagnoles. On peut dire de lui qu'il fut le plus grand. Secondé par plusieurs des capitaines de l'Olonnais, (Roc Brasiliano, Laurent de Graaf, Michel le Basque et d'autres), il profite de leur expérience et dirige des expéditions de grande envergure.

La première connaît un étrange départ. Second du célèbre Mansfeld, Morgan voit le vieil amiral des flibustiers renoncer à l'expédition contre Curaçao financée par le gouverneur de la Jamaïque. Morgan veut se rattraper en tentant un coup de main contre une ville fortifiée...; mais son équipage refuse ce projet, préférant se diriger vers Puerto Principe, (aujourd'hui Camagüey, à Cuba). Cependant, cette ville se révèle peu riche. Morgan obtient quand même une rançon, dont 500 boeufs qu'il fait abattre et saler afin d'entreprendre sans tarder une autre expédition.

En 1668, la même année que la prise de Puerto Principe, les flibustiers de Morgan attaquent Portobelo défendue par quatre forts. Le coup de main est audacieux. Il implique de s'infiltrer dans les forts espagnols de nuit. On se doute que Morgan avait de bons guides. Probablement des flibustiers qui avaient connus la captivité à Portobelo avant de s'évader ou d'êtreé changés contre des prisonniers espagnols. Il faut dire aussi que les flibustiers disposent de moyens efficaces pour soutirer des renseignements aux leurs prisonniers : la terreur, la torture... ou offrir la liberté aux esclaves.

Morgan et ses capitaines saccagent en 1669 Maracaibo, au Venezuela. Encore une fois, la ville n'est pas aussi riche qu'espérée. Elle ne s'est pas encore remise du pillage de L'Olonnais et les flibustiers de Morgan passent tout un mois à ratisser la jungle à la recherche de prisonniers à rançonner ou de cachettes dissimulant les richesses des habitants. Au moment de repartir, une mauvaise surprise attend les flibustiers : trois navires de guerre bloquent l'embouchure de la baie de Maracaibo.

C'est l'Armada de Barlovento, équipée de navires trop gros pour entrer dans la baie, mais qui attendent patiemment à la sortie les trois vaisseaux reliés entre eux par des chaînes pour décourager toute tentative de fuite.

Morgan a prévu le coup. Lui et ses capitaines font semblant d'attaquer. Ils vont droit sur les navires de guerre comme s'ils voulaient monter à l'abordage. Les officiers espagnols concluent que les flibustiers veulent se battre au sabre et, en gentilshommes, acceptent le défi. Sans tirer un seul coup de canon, ils attendent les flibustiers...; mais le premier navire qui les aborde est un brûlot. C'est-à-dire un navire chargé de goudron, de barils de poudre en plus de mannequins pour faire croire à un équipage nombreux. Les quelques flibustiers qui le manoeuvrent allument la poudre et sautent par-dessus bord. Les Espagnols aussi, et dans l'explosion qui suit leur navire amiral s'enflamme. Le second navire est capturé par les flibustiers. Le troisième va s'échouer sur la plage pour que l'équipage puisse courir se cacher à terre.

Quand même, la plus grande partie des Espagnols ont le temps de se réfugier dans le fort qui bloque la sortie de la baie. Morgan reste bloqué. Toute la journée, les Espagnols surveillent les canots qui partent des navires, chargés de flibustiers, emportant armes et munitions. Les Espagnols se rendent à l'évidence : Morgan prépare une attaque par voie de terre, alors ils déplacent les canons qui pointaient vers la mer, les positionnant vers la terre. En fait, les chaloupes des flibustiers partent emplies d'hommes vociférant et surexcités... et reviennent aux navires avec les mêmes hommes sagement couchés au fond des chaloupes. Quand Morgan juge que les Espagnols ont déplacés tous leurs canons du mauvais côté, il lève les voiles et sort de la baie sans autre problème.

Morgan s'empare aussi de Panama en 1671. Cette fois encore, la ville se révèle moins riche qu'espérée. Ce raid est marqué par une bataille rangée aux portes de la ville et suivie de brutalités et de débauches parmi les plus grandes de l'histoire de la flibuste. Cependant, au retour, Morgan se fâche avec ses flibustiers déçus du butin trop maigre à leur goût. N'attendant pas que la grogne se transforme en règlement de compte, il met les voiles accompagné de ses plus fidèles capitaines. Plusieurs flibustiers diront alors qu'il s'enfuit avec la plus grande partie du butin. Une fois en Jamaïque, il est arrêté et dépêché en Angleterre pour y subir un procès. C'est que la paix est signée entre l'Espagne et l'Angleterre. Le raid contre Panama est donc très mal vu par le gouvernement anglais. Morgan manoeuvre bien, et la guerre reprenant, il est plutôt accueilli en héros, anobli, et nommé lieutenant-gouverneur de la Jamaïque avec pour mission d'en chasser les pirates et les flibustiers. Il achève ses jours paisiblement en Jamaïque.

L'OLONNAIS (France, Sables d'Olonne 1630, - Darien, 1669 (39 ans))

Jean David NAU dit François l'OLONNAIS le cruel, et souvent nommé Lolonois ou même Lolona

Jean Nau est célèbre pour ses expéditions sur la terre ferme, mais plus encore pour son épouvantable cruauté. On dit qu'après lui, les autres pirates eurent la tâche facile tant il a associé d'horreurs avec le mot de «flibustier».

Originaire des Sables-d'Olonne en Vendée, il s'embarque à La Rochelle pour les Antilles à titre «d'engagé». Arrivé dans sa jeunesse, il avait dû subir les 3 années d'esclavage avant d'être admis dans la société des boucaniers. Les années qu'il connaît alors dans la forêt, avec le danger permanent d'être fait prisonnier par les lanciers espagnols et d'être brûlé vivant, font naître en lui une haine sans limite contre les Espagnols. Il voit ses compagnons massacrés pour la plupart par les «lanceros» espagnols.
Il se réfugie à La Tortue et décide de prendre la mer comme flibustier. Devenu pirate, l'Olonnois fait la preuve de son courage et de sa décision, si bien que le jour où le capitaine tombe au combat, on l'élit capitaine. Malgré plusieurs prises, il perd son navire dans une violente tempête. Toutefois sa réputation de capitaine corsaire lui permet, avec le soutien du gouverneur français de la Tortue, d'armer rapidement une nouvelle unité.

Après plusieurs bonnes prises, il naufrage son navire non loin de Campêche. L'Olonnois avait acquis une telle réputation de cruauté vis-à-vis des prisonniers espagnols que tous les navires espagnols, toutes les villes combattaient contre lui jusqu'au dernier homme. Lorsque les Espagnols le débusquent après le naufrage, ils abattent tout l'équipage, quelques-uns faits prisonniers. L'Olonnois n'échappe à la mort qu'en se barbouillant de sang et en se cachant sous des cadavres. Dès le départ des Espagnols, il revêt l'uniforme d'un Espagnol, gagne Campêche et participe à la fête, célébrant la victoire de ce jour sur les flibustiers. Puis il convainc quelques esclaves avec lesquels il s'empare d'un canot et revient à la rame à la Tortue. Et de nouveau, l'Olonnois parvient, avec l'aide du gouverneur, à armer un nouveau navire. Tandis que les Espagnols fêtent encore leur victoire sur le pirate qu'ils craignaient tant, l'Olonnois guette déjà sur son troisième navire les galions espagnols devant La Havane.

De retour à la Tortue, il libère les esclaves comme promis, puis il repart avec vingt-deux compagnons seulement pour saccager la ville de Los Cayos, à Cuba. Le gouverneur de La Havane envoie contre eux un brigantin de dix canons avec quatre-vingt dix hommes à son bord. L'Olonnais les surprend alors qu'ils ont jeté l'ancre dans une baie. Un des prisonniers lui révèle être à bord pour servir de bourreau avec ordre de pendre les flibustiers capturés. L'Olonnais se fâche. Il fait monter un à un les prisonniers de la cale et leur tranche la tête. On dit qu'à chaque tête coupée, il léchait son sabre en faisant des réflexions sur le goût différemment salé de l'un ou l'autre. Il n'en laissa qu'un seul en vie et le chargea de rapporter dans une chaloupe les têtes coupées, ainsi qu'une lettre à l'intention du gouverneur de La Havane : «Je suis fort aise, Monsieur le gouverneur, que cet ordre soit venu de votre part et vous pouvez être assuré qu'à l'avenir tout Espagnol tombant entre mes mains subira le même sort. Peut-être même, monsieur le gouverneur, en ferez-vous personnellement l'expérience, ce serait justice et grand plaisir pour moi».

Le gouverneur reçut aussi une lettre de ses propres sujets lui rappelant que «pour un Anglais ou un Français que nous prenons, les aventuriers sur nous font cent prisonniers. Les flibustiers n'en veulent qu'à nos biens, ils nous laissent la vie sauve, et si les ordres de votre seigneurie étaient mis à exécution, ce serait la condamnation d'une infinité d'existences chères à notre nation».

C'est avec Michel le Basque, autre grand chef flibustier, que l'Olonnois entreprend en 1666 la première grande expédition de flibustiers contre le continent sud-américain. Les deux flibustiers réunissent pour cette campagne 7 ou 8 voiliers et un corps de débarquement de 650 hommes sous leurs ordres. Sur le chemin de Maracaïbo, objectif de leur raid, ils prennent quelques bonnes prises, dont un grand voilier espagnol chargé de cacao et de 300000 talers d'argent.
Maracaïbo est située à l'extrémité du lac du même nom, au Vénézuela, relié par un étroit chenal à la mer. Le canal est défendu par un fort. L'Olonnois et le Basque débarquent leurs troupes hors de portée des canons du fort et le prennent d'assaut.
Puis ils font route dans le chenal et attaquent la ville, qui comptait alors 4000 habitants, et qui se défend âprement. Alors qu'ils sont encore occupés à piller, les flibustiers apprennent qu'un détachement espagnol a été envoyé en renfort près de San Antonio de Gibraltar. L'Olonnois marche à la rencontre de cette troupe avec un groupe de 380 hommes, et les met en pièces non loin de la petite ville. Les Espagnols perdent 500 hommes, tandis que les flibustiers n'en comptent que 40, et 30 blessés. Puis il s'attaque à la ville.
Trois fois les assauts sont repoussés, car durant le temps que les flibustiers ont mis à saccager Maracaibo, le gouverneur Merteda a organisé la défense. Et il n'y a que 380 flibustiers pour attaquer des murailles défendues par vingt canons et 400 soldats auxquels s'ajoutent 400 volontaires. À la fin, l'Olonnais a recourt à une ruse : il sonne la retraite et tous les flibustiers replient dans un semblant de déroute pour se cacher dans la jungle et le long de la route. Convaincus de leur victoire les Espagnols sortent afin de poursuivre les flibustiers. L'Olonnais les prend à revers et entre dans la ville avant qu'on ait le temps de refermer les portes. Le pillage de San Antonio Gibraltar fut particulièrement brutal. L'Olonnois passe 6 semaines dans la ville de San Antonio de Gibraltar, met la ville à sac et fait un riche butin.
Mais une épidémie éclate dans les rangs des pirates, ils mettent la ville en feu et reviennent vers Maracaïbo, qu'ils mettent de nouveau à sac, cette fois radicalement et exigea une rançon de 30 000 piastres des habitants qui avaient eu la maladresse de rentrer chez eux avant que les flibustiers aient pris le large!
Le butin des flibustiers est de 260000 pièces-de-huit et environ 100000 couronnes d'objets de culte et de bijoux.

Pour l'expédition suivante, l'Olonnois tente de dévaster et de piller un pays tout entier, le Nicaragua espagnol. Après son succès à Maracaïbo, il a tôt fait de rassembler 6 navires et 700 flibustiers. Le premier objectif de la campagne est le cap Gracia a Dios, mais la flottille est prise par la tempête et les courants poussent les flibustiers dans le golfe du Honduras. Ils décident de "nettoyer" les côtes du golfe, c'est-à-dire de les piller jusqu'à ce que le temps leur permette de poursuivre leur expédition. Leurs victimes sont de petites agglomérations de pêcheurs de tortues, généralement des Indiens. En détruisant leurs cabanes, mais surtout en volant les canots, ils sapent les bases de l'existence de ces Indiens. Le butin des flibustiers est maigre, mais d'autant plus puissante la haine qu'ils éveillent chez ces hommes.

Leur première proie, de quelque importance, est un voilier espagnol armé de 20 canons, à Puerto Caballo. L'Olonnois se décide à marcher vers l'intérieur des terres. Il force des prisonniers à lui servir de guides vers la ville de San Pedro. La progression est difficile pour les flibustiers, non seulement à cause des obstacles naturels, mais aussi du fait des attaques incessantes des Espagnols qui ont été informés des projets de l'Olonnois. Au cours de cette marche, rapporte OExmelin, l'Olonnois exerce contre les prisonniers espagnols la cruauté qui lui est usuelle :
- "II avait pour habitude de tailler en pièces et d'arracher la langue aux personnes qui n'avouaient rien sous la torture. S'il l'avait pu, il aurait aimé procéder de même avec tous les Espagnols. Souvent, il arrivait que quelques-uns de ces malheureux prisonniers, sous la torture, promettent de montrer l'endroit où se cachaient leurs compatriotes avec leurs richesses. Ensuite, s'ils ne retrouvaient pas cet endroit, ils mouraient d'une mort plus cruelle que leurs camarades".
OExmelin affirme même dans son livre que l'Olonnois ouvrit un jour la poitrine d'un Espagnol d'un coup de sabre et lui arracha le coeur encore palpitant.

Après une forte résistance des soldats espagnols, San Pedro, à l'ouest du Mexique, tombe entre les mains des flibustiers. Mais la plupart des habitants se sont déjà enfuis, et ont eu le temps de mettre leurs biens en sécurité. Sans grand butin, l'Olonnois fait mettre le feu à la ville et revient à la côte, fortement affaibli. Bien que l'insatisfaction soit grande chez les flibustiers après cette longue période sans succès et très coûteuse en vies humaines, l'Olonnois, en faisant miroiter l'espoir d'une riche prise, parvient encore à conserver en main ses hommes. Lorsque le navire espagnol attendu arrive enfin, après 3 mois, il s'avère que c'est un adversaire difficile, avec 41 bouches à feu et 130 hommes. Mais les flibustiers veulent leur butin et attaquent, téméraires. Tandis que les grands bâtiments prennent l'Espagnol sous leur feu, les flibustiers s'approchent de l'autre bord, répartis en quatre canots, et le prennent. Mais ni or ni argent, le navire espagnol est chargé de papier et d'acier. Cette nouvelle déception est si forte que les flibustiers en perdent leur cohésion. Une partie de la troupe repart à la Tortue sous le commandement d'un nouveau capitaine élu, Vauquelin. Une seconde partie, sous les ordres de Pierre le Picard, poursuit sa quête de butin indépendamment, d'ailleurs avec peu de succès. L'Olonnois reste avec 300 hommes dans le golfe du Honduras, et attend des prises qui ne viennent pas. La chance a quitté le capitaine si heureux jusqu'ici.

Il échoue son navire sur un banc de sable. L'équipage est affamé. Malgré tous les efforts (on débarque les canons et le gréement), le navire ne se remet pas à flot. Pendant 6 mois, l'Olonnois doit se défendre contre les attaques incessantes des Indiens, puis, avec 150 hommes seulement, il atteint, à bord de barques à fond plat qu'ils ont construites, l'embouchure du Rio San Juan, qui mène au lac Nicaragua. Mais les Indiens et les Espagnols les repoussent. Il continue à la voile le long des côtes du golfe de Darién, au sud de Carthagène, jusqu'aux îles Baru. Descendu à terre pour trouver des vivres et de l'eau douce, il est fait prisonnier par les Indiens Bravos. Il s'agissait certainement de cannibales, puisque le récit d'OExmelin se termine par ces mots : " Ils le hachèrent par quartiers, le firent rôtir et le mangèrent ". Il avait quarante et un ans.

MARY READ

Tiré du site www.lodace.com

Dans le dédale des rues de Londres, une jeune femme avance en trébuchant. Amaigrie, les yeux rougis par l'insomnie, elle a le visage blême, les traits tirés. Elle a faim. Ce n'est qu'une malheureuse parmi tant d'autres, parmi toutes ces femmes qui. comme elle, affamées, sans logis, errent dans les rues de la ville en ce début du XVIII ème siècle. A côte d'elle, accroché à sa robe pour se maintenir à son pas, un enfant trottine en pleurnichant. La jeune femme hésite. revient sur ses pas. Elle a finalement trouvé la maison qu'elle cherche. Une dame âgée ouvre la porte, la regarde froidement.
"Ah ! C'est vous !" jette-t-elle. "Que voulez-vous ? De l'argent !"
"Pas pour moi." répond la jeune femme. Puis poussant l'enfant devant elle : "Pas pour moi. Mais pour lui. Pour votre petit-fils"
"Il vaudrait mieux qu'il vienne vivre chez moi ; vous pourriez le voir de temps en temps."
A ces mots, la jeune mère éclate en sanglots : "Je vous en prie, ne me l'enlevez pas ! Si je peux trouver à me loger quelque part, tout ce que je vous demanderai, c'est un peu d'argent chaque semaine, juste de quoi le nourrir et l'habiller."
La vieille dame réfléchit. Elle se sent trop âgée pour se charger de l'enfant.
"Très bien ! Je vous donnerai cinq shillings par semaine. Pour l'enfant."
La jeune femme éprouve soulagement intense. Son plan désespéré a réussi : cinq shillings, c'est assez pour les faire vivre toutes les deux, elle et sa fille.
Car en réalité l'enfant est une fille; son demi-frère, le véritable petit-fils de la vieille dame, est mort en bas âge. La jeune femme vivait alors loin de Londres et sa belle-mère n'avait appris ni la mort de son petit-fils ni la naissance de Mary. Elle qui avait été si fière d'avoir un descendant mâle ! La misère et la faim avaient contraint Mrs Read, la jeune mère, devenue veuve, à monter cette supercherie. Puis, son stratagème ayant réussi, il fallut bien, pour que la vieille dame donne de l'argent chaque semaine, continuer à faire passer Mary pour un garçon, sous peine de mourir de faim.
Mary a treize ans lorsque sa "grand-mère" meurt. Habilée jusque-là comme un garçon, elle préfère continuer à se faire passer pour un homme. Elle s'enrôle comme mousse sur un navire de guerre.
Son temps de service terminé, elle quitte la marine, mais c'est pour s'engager dans un régiment de cavalerie qui combat dans les Flandres. Elle se conduit en bon soldat, entretient bien ses armes et combat bravement quand l'occasion s'en présente. Mais si elle porte l'uniforme, et bien qu'elle se conduise en homme, Mary n'en a pas moins gardé un coeur de femme. La voici qui tombe amoureuse d'un de ses compagnons d'armes. Elle ne vit plus que pour lui. Chaque fois qu'il est envoyé en patrouille, elle s'arrange pour l'accompagner et veille à ce qu'il ne lui arrive rien de fâcheux. Le jeune homme est le seul, de tout le régiment, à connaître le secret de Mary. Un jour. ils annoncent leur intention de se marier. On imagine la stupéfaction de leurs compagnons ! La surprise passée, tout le régiment célèbre l'événement. Avec le produit de la collecte organisée pour eux, ils achètent une petite auberge à Bréda, en Hollande. Tout leur réussit d'abord, puis le mari tombe malade et meurt. Mary ne peut plus s'occuper seule de l'auberge.
Elle se résout à endosser à nouveau son travesti pour mener la seule vie qu'elle connaisse, celle de soldat et de marin. Le bateau sur lequel elle s'est embarquée pour les Antilles est capturé par les pirates. Elle garde son secret et se joint à eux. Puis le hasard la conduit dans l'équipage du Capitaine Rackham, pirate de sinistre réputation. Une autre femme fait partie de la bande, Anne Bonney. Elle perce le secret de Mary, mais seul Rackham est mis au courant de la vérité. II saura rester discret.
Une fois encore, Mary Read tombe amoureuse. Cette fois, elle s'éprend d'un jeune marin, capturé par les pirates et qui s'est joint a eux. Un jour, le jeune homme se prend de querelle avec un des pirates ; la violente dispute qui oppose les deux hommes ne peut se terminer que par un combat à mort. Mais Rackham a interdit les duels à bord du bateau. Ils s'affronteront donc sur une île proche. Mary craint le pire pour celui qu'elle aime et qui n'est pas habitué à se battre. Elle s'arrange pour provoquer son adversaire en duel : le combat à mort aura lieu sur la même île... mais deux heures plus tôt. La lutte est féroce. Déchaînée, Mary a bientôt le dessus. Elle tue son adversaire en combat loyal, sauvant ainsi d'une mort certaine celui qu'elle aime.
Le gouverneur de l'île de la Providence a résolu de mettre fin aux méfaits des pirates. Le vaisseau de Rackham est attaqué. Au cours de la lutte, Rackham et d'autres pirates refusent le combat. Pistolet au poing, Mary tente, en vain, de les contraindre à se battre. Sur le chemin de la potence, Rackham est autorisé à voir Anne Bonney.
"Si tu avais combattu comme un homme", lui jette-t-elle avec mépris, "tu ne serais pas maintenant pendu comme un chien !"
Car au milieu de ces couards, trois pirates seulement se battirent courageusement; deux étaient des femmes, Anne Bonney et Mary Read ! A son procès, Mary Read fut accablée par les témoins : trop souvent on l'avait vue monter la première à l'abordage. Jusqu'au bout, elle trompa ses juges sur son véritable sexe. Et, elle trompa aussi le bourreau : elle mourut de fièvres peu après le procès.

THOMAS WHITE

Ce pirate n'est pas très connu et a eu une carrière finalement assez courte. Il ne sema la terreur sur les océans que 14 années entre 1705 et 1719. Ce pirate anglais est né à Plymouth à une date indéterminée. D'extraction modeste (sa mère était tenancière de cabaret), il réussi à entrer dans la marine de guerre. Après plusieurs campagnes il s'installa aux Barbades où il se maria. Il finit par devenir capitaine du Marygold, un navire marchand faisant le commerce entre la Barbade et la cote de Guinée.

C'est là que sa carrière devait connaître un changement majeur. Il fût pris par des pirates français. Ces derniers après avoir utilisé un certain nombre de leurs prisonniers anglais comme cible pour leurs concours de tir au pistolet, finirent par convaincre White de faire siens leurs noirs dessins.

Il devint donc pirate ce qui l'amena croiser dans l'océan indien. Comme beaucoup de flibustiers malchanceux il commença par s'échouer à Madagascar, perdant son navire corps et bien. Il fût tiré de cette triste situation par des esclaves marrons ayant volé une barque à l'île Bourbon (la réunion) afin de s'enfuir. Il réquisitionna la barque et parvint avec celle ci à prendre un navire français en 1705. Il mis aussitôt le cap sur l'île bourbon et y embarqua un chirurgien.

Il se rendit ensuite dans le golfe persique ou il attaqua un petit navire de 200 tonneaux sur lequel ils ne trouvèrent que des ballots de marchandises sans valeur qu'ils jetèrent par-dessus bord. Ils devaient plus tard apprendre que l'un de ces balles contenait de l'or.

En 1706 il est de retour à l'île Bourbon ou il arrive à bord d'un navire de 30 canons et avec un équipage de plus de 200 hommes. Il profite de cet escale pour débarquer un certain nombre de matelot qui pour certains feront souche sur l'île : Jacques Boyer, Patrick Droman, Thomas Elgart, Jean Janson, Edouard Robert. Ces pirates repentis sont cousus d'or : ils sont chacun porteur de plus de 1200 livres.

Puis il repart à Madagascar. Là il s'empare d'un navire dont le capitaine, un certain Fourgette, s'était mis en tête de commercer avec les pirates. Bien mal lui en pris : alors qu'il recevait ceux-ci à son bord ils maîtrisèrent son équipage. Se voyant acculer en plein dîner le capitaine Fourgette planta sa fourchette en argent dans le corps d'un pirate, un certain Johnson, qui ne s'en porta pas plus mal. Voyant sa situation désespérée, il finit par se rendre et dût débarquer.

L'histoire de White devient dés lors incertaine. Selon D. Defoe il se retire à Madagascar, construit une maison, achète du bétail et prend pour femme une indigène dont il a un fils.

Madagascar était en ce temps là considéré comme l'île des pirates en raison du nombre de flibustiers qui s'y étaient retirés : 

 La plupart y sont considérés comme de petits souverains, chacun ayant sous sa domination deux ou trois villages ; Cette autorité ne leur est venue que parce qu'ils ont pris pour femmes les principales négresses, celles qui étaient les plus en dignité du pays et qui étaient déjà presque toutes riches par la fréquentation de tout temps des forbans.   
Leurs maisons sont situées au milieu de grande cour ; elles sont élevées sur plusieurs poteaux de bois et on ne peut y entrer qu'en montant par une échelle ; la cour est entourée d'une forte palissade faite de gros pieux, dans laquelle sont ordinairement ménagées des manières de meurtrière où quelques-uns ont placé des petites pièces de canon.  
La richesse que ces forbans ont apportées, jointes à celles de leurs femmes, ont rendu ces endroits et leurs environs abondants en or, en argent et autres effets… 

Toujours selon Defoe il meurt de fièvre et d'hémorragie à Madagascar en 1719, suppliant dans son délire ses amis de ramener son fils dans son pays et d'en faire quelqu'un de « probe et honnête ».

Cependant le témoignage d'un capitaine de commerce, un certain Drury, rapporte que White serait bien mort de fièvre en 1719, mais lors d'une relâche à l'île Bourbon. Comme pour tant d'autres l'emplacement de sa sépulture n'est pas connue.


URLs d'origine : http://perso.club-internet.fr/helmous/Dossiers/Pirates/Pirates.html, dodo.pirate.free.fr, http://site.voila.fr/libertalia.