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Homme politique et écrivain français qui rapporta dans ses Mémoires sa destinée exceptionnelle. Paul de
Gondi, futur cardinal de Retz, fut destiné à accéder au siège archiépiscopal de Paris, que son oncle
occupait. Il fut ainsi orienté vers des études de théologie, qu'il réussit brillamment. Pourtant, il
s'intéressait beaucoup plus aux conspirateurs et aux héros de l'Antiquité qu'aux saints hommes. À vingt
ans, il écrivit un petit ouvrage sur le conspirateur Gian Luigi Fiesco (1655). Il avait déjà choisi une
voie bien différente de celle qu'on avait prévue pour lui. Il participa en 1636 à la conspiration menée
par le comte de Soissons contre Richelieu. Il dut attendre la mort du
cardinal et de Louis XIII pour être nommé coadjuteur de l'archevêque de
Paris par la régente Anne d'Autriche, en 1643. Sa réputation
d'agitateur lui attira très tôt de fortes inimitiés. Quand débuta la Fronde, en 1648, il fut au premier
rang des frondeurs contre Mazarin, essayant d'imposer son autorité aux
différents groupes d'insurgés. En 1650, il s'allia à la reine contre Condé!; lorsque celui-ci fut
défait par Turenne, Paul de Gondi devint cardinal. Mais au retour de Mazarin,
quand la Fronde reprit, il fut désavoué et emprisonné. En 1654, il devint de droit successeur de son
oncle, décédé, sur le siège archiépiscopal. Mazarin réclama sa démission, en
vain. Retz réussit à s'évader de sa prison, et trouva refuge en Espagne, en Italie, en Flandre enfin.
Il mena une vie errante jusqu'à la mort de Mazarin. Il accepta alors de
démissionner du siège d'archevêque, réclamant en échange l'abbaye de Saint-Denis et l'autorisation de
revenir en France. Exilé dans son château de Commercy, il fut chargé de participer aux conclaves en
1662, 1665, 1668, 1670. Puis il se consacra à l'écriture des Mémoires. Témoignage historique important,
cet ouvrage est parfois plus une reconstruction de sa vie qu'une fidèle narration. Œuvre agréable
à lire, spontanée, libre, mais aussi séditieuse et favorable à l'esprit de révolte, elle n'a pas
arrangé la réputation de ce conspirateur. Elle fut publiée pendant la Régence (1717).
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